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Apprenons à mieux la connaître...



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Poèmes nature

 

         

 

 

Vous avez une âme de poète en vous ? Vous pouvez nous transmettre votre texte

 

 

Sommaire

 

 

Corinne Muller

E-mail: crnn.mllr@gmail.com
Découvrez ses poèmes ici

Audrey Terrier
E-mail: isabelle.terrier1@orange.fr
Découvrez son poème ici

Richard Gehenot

E-mail: file-r.defer@laposte.net

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Cocks Georges
E-mail: cocksge@voila.fr

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Henri Valez  

E-mail: henri.valez@orange.fr

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Brandon Leclerc
E-mail: tibrin@hotmail.com

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Clémence
E-mail: clemcydakar@hotmail.fr

Découvrez son poème ici  

Nakoe Noëlla
E-mail: sushinez@hotmail.fr

Découvrez son poème ici  

Nicole Artemis
E-mail: artemis_68@hotmail.fr
- Poème "Mésange !

- Poème "Automne pastoral et vague à l'arbre"

Christine Brandsaedt
E-mail: chrischocolat@hotmail.fr

Découvrez son poème ici

Marina

Découvrez son poème ici

Anna

Découvrez son poème ici

Daphnée Thomet (France)

Découvrez un poème de son grand-père ici

Ségolène Dupont (Bretagne - France)

Découvrez son poème ici

Chantal Sergéra

- "La nature"

Renée Jeanne Mignard 

Dès son plus jeune âge, Renée Jeanne a toujours eu envie d'écrire. En classe, elle avait toujours la meilleure note en composition française. Elle est d'ailleurs l'épistolière de la famille.
Le goût de la poésie lui est venu lorsqu'elle travaillait l'art dramatique et les auteurs classiques avec Pierre Dux et Jean Debucourt...
Renée Jeanne a publié à ce jour cinq recueils : "Écrits du cœur", "La corde sensible", "Coups de cœur", "Le cœur en émoi", et le dernier-né "A cœur joie".
Site web et livre d'Or : http://www.rj-mignard.net/

 

- Poème "Crépuscule"

- Poème "Automnale"

- Poème "Rose de Novembre"

- Poème "Le Merle et la Colombe"

Dago (alias Jacques Laborel)

- Poème "Mauvaises herbes"

- Poème "Les Goélands"

- Poème "Le Hérisson"

- Poème "L'Ecureuil"

- Poème "Le petit renard"

- Poème "Bourgeons de Figuier

- Poème "Eté sous le figuier

- Poème "Figues d'automne

- Poème "Sur l'épaule du Figuier

- Poème "Restanques"

- Poème "Après nous.., l'an x000?"

- Poème "Rivages"

- Poème "Rhodania"

- Poème "Mémoire des pierres"

 


 

La boutique nature familiale !

*** Accès ***

Retrouvez une sélection de livres, d'idées cadeaux, de jouets dans les domaines de la maison, du jardin, de l'environnement, de la famille et de la nature en général. 
Nous vous souhaitons une agréable visite !

 



Souvenirs d'enfance

Je me souviens de ces heures de bonheurs
Perchée sur mon arbre préféré
Un vieux cerisier au tronc usé.

La joue contre son écorce rugueuse
J'écoutais battre son coeur sur la plus haute branche
Cachée par les feuilles sentant l'été.

J'aimais manger ses cerises juteuses
En faire de jolis pendentifs
Ou les laisser aux oiseaux voleurs.

Doux souvenirs d'enfance
Qu'est devenu mon vieux cerisier
Aux couleurs de cendres et de terre ?

Un jour je reviendrai
Dans ce merveilleux verger
Comme avant lorsque je savais encore rêver.

 

Corinne Muller


Matin d'été

 

Je sors aux premières lueurs du jour
La nature s'éveille à peine
Les douces senteurs de l'herbe

Chatouillent mes narines
La rosée perle encore sur les fruits
Le soleil enfin renaît
Les oiseaux lancent leurs chants joyeux

Les abeilles bourdonnent déjà
Autour des fraises rouges de bonheur
Quelle joie de voir à nouveau

La nature s'éveiller à la vie !

Corinne Muller

 

 

La fleur d'aurore

 

Le vent souffle
Le soleil ne brille pas
Mais la voix qui crie
La nature m'ouvre ses ailes
Les fleurs m'ouvrent leur coeur
Et moi je respecte leur beauté
Mais j'aime la couleur de leurs pétales
Les sentir de loin parce qu'elles
Sont toutes pareils la fleur d'aurore c'est celle
Que je préfère car on l'aime.

 


Audrey Terrier

 

Petit poème sur la forêt

 

Forêt tu es là immobile devant moi
Pourtant malgré ma fuite, tu sens ma Foi
En ton monde étrange de verdure, de pensées Chaque bruit que tu émets m’a rassuré 

Tu es si vivante, tes arbres vibrants à l’unisson
De mon cœur rempli d’une dévorante passion
La première fois que je t’ai vu, tu m’as reconnu J’ai eu peur de ce geste de détresse inconnue 

Moi l’enfant face à ce mystère de la nature
Une forêt ici, feuilles tombantes, tendre verdure
Tu as provoqué une si grande peur dans ma vie Elle était là tapie, endormie loin de celle du midi 

Au contact de l’humidité normande, tu m’es revenue
Je suis souvenu de mes peurs et les ai combattues
Maintenant quand je te vois devant moi, je sens la vie
Près de toi, je suis rassuré, tu es à présent mon amie 

Chante petite forêt, chante et mon cœur bondit joie…

 

Richard Gehenot


Pochade sauvage

Sur les collines boisées, les trilles printanier
Côtoient, fleurs de chicorées et marguerites des prés ;
Rivalisant de beauté, prélude d’une symphonie
Qui, d’une saison à l’autre,
Années après années
Défient l’arc-en-ciel dans leur robe de couleur.

Les marguerites jaunes semblent manquées d’hormones ;
A côtés des grands tournesols qui cherchent telle une boussole
Les rayons du soleil, comme un marin cherche le Nord.

Sur le bord des routes les pissenlits fleurissent
Exhalant un doux parfum aux voyageurs des longs chemins
Qui passent et repassent
S’en vont et en reviennent
Avec leurs même angoisses et leur même doutes.

Le bouton d’or, renoncule des prés
Complète ce décor comme des boutons de manchettes
Assortie aux clochettes du muguet,
Prennent déjà les teintes de l’été.

 

Cocks Georges

 

L’oranger

Sur une petite route de terre brûlée
Derrière une barrière de fil rouillé,
Se dresse un arbre majestueusement élancé
Dont les feuilles d’une couleur vert foncé
Frôlent avec les branches d’un vieux merisier ;
Le temps n’a pas eu raison de sa grande beauté.

Dans ses branches supérieures ses fruits se sont caché
Comme s’ils éprouvaient la crainte d’être mangé
Et sur ce perchoir couvert d’épines acérées
Sa couleur reste un mystère non dévoilé :
Serait-ce le fruit ou la couleur, le premier,
A prêter son nom à l’arbre fruitier : l’oranger ?

 

Cocks Georges

 


Aurore

L’ululement de la chouette
Prédit la fin de vie nocturne.
Dans un bruit sourd  d’ailes qui fouettent,
Vers la grange, va taciturne.

L’heure paraît très indécise,
L’opacité impénétrable
C’est changée en pénombre grise,
S'estompant de façon louable.

Un laps de temps nous habitue,
Lentement comme des  voleuses,
Aux masses qui se restituent,
Toutes moelleuses et ténébreuses.

L’horizon commence à blanchir,
Des endroits encore secrets.
Des formes cachent, sans  trahir,
Leurs nébuleux contours discrets.

Exhaussé du sol de limon,
Une odeur très envahissante,
Fade, d’humus, de  champignons,
Vient nous immerger et  nous hante.

D’ultimes régions mystérieuses
Bataillent avec les lueurs
De l’aube rosée,  lumineuse,
Créant de graciles vapeurs.

Au point du jour se décolore
Le ciel tout entier, annonçant
Les premiers feux d’un bel aurore,
Les rayons d’un soleil luisant.

La brume éthérée se défait,
S’arrache en énormes lambeaux
De l’étreinte de la futaie,
Créant un jour naissant et beau.

 

Henri Valez


Maison caussenarde

Couverte de dalles calcaires,
La cour pavée fait fonction d’aire.
Elle sert à battre au fléau
Le blé coupé sur le plateau.

Un seul passage nous entraîne
Vers la demeure  du domaine.
De plain-pied est la bergerie,
Voûtée, formant des galeries.

Ou les blanches brebis laineuses,
Broutant des terres peu herbeuses,
Donnent du lait et leur toison,
Faisant prospérer la maison. 

Au-dessus est un grand logis
Où la lignée se réfugie. 
On l’atteint par un escalier,
Qui ouvre sur un court palier.

Sous ces marches toutes  fleuries,
Est installé la porcherie.
Un réduit pour un seul cochon,
Qui tué, pendra au plafond.

La maison comprend une salle,
Le sol couvert d’énormes dalles.
Face au seuil  est la cheminée,
Contrecœur en briques minées.

Un fusil pendu au manteau,
Sur un rayon bien de niveau,
Est dressé un crucifix noir.
Le feu est allumé, espoir.

Rondes marmites suspendues,
Aux crémaillères bien  tendues,
Cuisent des légumes en douceur
Mangés le soir avec bonheur.

Dans un coin, près d’une fenêtre,
La souillarde pour le bien être.
La grosse pierre bien creusée
Pour vider toute l’eau usée.

De belles  poutres fumées portent
Un plancher de bois, qui en sorte
Sépare le bas du grenier,
Où se garde le grain dernier.

L’escalier monte sans encombre, 
Cachant un lit dans la pénombre
Discret réservé aux parents.
Un plus petit pour les enfants.

La pluie que reçoit la toiture
Devient un bouillon de culture,
Dans la citerne du logis,
Où les germes se réfugient.

Un toit de lauzes en couverture,
Avec lucarnes en arcatures
Créant, vu de l’extérieur,
Un charme bien supérieur. 

Henri Valez

 


La nature, c'est la vie


Quelle merveille cette nature.
La nature c'est comme un vie sans fin.
Dans la nature il y a des fleurs
tout en couleur,
tout et hauteur
et tout en fraîcheur.

Quelle merveille cette nature.
L'air la purifie qui la rend pure.
dans la nature il y a des ruisseaux
tout plein d'eau.
Cela agite les oiseaux.

Ne détruisez pas cette terre.
Cela nous rendrait amer.
Le ciel bleu nuageux.
Se mire dans mes yeux.
Que de joie j'ai envie de crier.
pour moi c'est cela aimer
et faire partie de la nature.

Brandon Leclerc

 

Félin

Le soleil se couche
Dans la plaine
Lorsque le lion ramène
Le gibier
Qu 'il a durement chassé.
Tant respecté
Il reste là,
Sur le rocher.
Et, dans le soleil rouge et flamboyant
Il pousse
Aussi fort que le vent
Si fort que la terre trembla
Sous ses pas
Un rugissement
formidablement


Clémence, 12 ans

 

La rose des vents

 

Elle s'envole tout doucement tout doucement

et réapparaît dans le vent

mais comment peut-on l'observer si lentement

la rose des vents qui quitte son tronc

en espérant retrouver l'Amour profond

Nakoe Noëlla

 

Mésange !

Matinale radieuse,
Fraîcheur automnale,
Firmament azuré bleu
Eclaboussé de son soleil

Un piaillement méconnu
Attire mon attention
M' extrait d'une torpeur passagère
Dirige mes pas vers le balcon

Jolie mésange sur une branche posée
Entamant une danse folle
Assortie de chants mélodieux
Me ferait-elle sa révérence

Jolie mésange charbonnière
Exibant sa robe citron et pardessus moiré
Séance tenante modère sa caracole
Soudain s'envole vers d'autres cieux


Nini

 

Automne pastorale et vague à l'arbre

 

Automne pastorale, symphonie en deux mouvements
La nature se métamorphose et se meurt
S'illumine de toute la gamme polychrome
Avant de s'éteindre en monochrome
Chargée de brume au petit matin, à croire qu'elle pleure
Subterfuge pour mieux se donner en spectacle
Tout juste son manteau de larmes asséché par le doux soleil
Dame nature dévoile les couleurs du jour, elle n'a pas son pareil
Exacerbe nos sens, feindre ne pas la remarquer sera peine perdue
Ravissements et vague à l'âme, c'est elle qui dirige et d'un ton absolu
Automne pastorale, symphonie en deux temps !


Nini

 

Le brouillard

Par ce soir de Novembre
Je le vois qui avance lentement
Les recoins les plus sombres
Virent du gris au blanc

Le ciel a disparu
Et l'on n'y voit plus guère
Les gens dans la rue
Le brouillard nous serre

Il clôt la journée
Les gens se hâtent de rentrer
Car tout disparaît si soudainement
Qu'ils craignent quelqu'enchantements

Demain, au lever
Je verrai le soleil essayant de percer
Et le brouillard va se dissiper
Aussi lentement qu'il est arrivé.


Christine Brandsaedt

 

 

Escale sous terre

Bruits crissants, cris stridents,
Corps ballottés par la vitesse du mouvement,
Il le faut, je m'évade...

Yeux mi-clos, me voilà en ballade
Au pays où l'on passe outre toutes frontières,
Outre-ciel, outre-mer et terre.
La Nature me tresse un chemin
Qui se lace et se délace sans fin...
Tous endimanchés, nous attendons l'arrivée
De notre hôte si hospitalier :
Les fleurs aux bourgeons se pâment de rosée
Tandis que la canopée a soif d'horizon,
Les jeunes pousses tendres, sur le sentier
Attendent que le soleil les aime encore assez,
Faune et Flore préparent leurs danses, en hommage
D'une fête qui n'a plus d'âge...

Enfin, l'astre flamboyant se réveille,
Il annonce la journée de ses accents orientaux.
Il étincelle de ses rayons vermeils,
Débute alors le badinage amoureux des oiseaux.

Seulement, j'ouvre les yeux, le brouhaha revient.
Comme à travers un kaléidoscope, je vois les gens du matin,
Aux masques défaits par le réveil.
Le nom de mon arrêt retenti à mes oreilles.
C'est reparti pour une journée au boulot,
Après cette courte escale dans le métro.


Marina Bouvard

 

Regarde au loin
ces champs, le foin
ouvre tes narines et respire
ca mon gars c 'est vivre
Ecoute les clapotis du ruisseau
les bruissements du vent et les arbrisseaux
comme c'est beau la nature
des couleurs, le bonheur, la verdure
pourvu que cela dur
ne détruisez pas cette terre
cela nous rendrait amère
le ciel bleu nageux
se mire dans mes yeux
que de joie, j'ai envie de crier
pour moi c'est cela aimer
et faire partie de la nature.

 

Anna

 

Le ciel est gris, la terre est blanche.
Le givre pend à chaque branche.
si loin que l'emporte les yeux, On ne voit que neige et que glace.
Jouez les gamins !! et roulez des boules de neige.
On aura jamais froid aux mains !!

Père Morin

 

Je me suis levée aux aurores 
puis je suis sorti dehors
devant moi se trouvait ce paysage 
à la fois mystérieux et sage
cette herbe si verte
leur donnait une attitude coquine
sur ces collines se trouvait
la création toute entière
celle-ci avait traversé 
toutes sortes de misères
quelles qu'elles soient 
un jour tu comprendras
l'importance que ça a pour moi
cette nature à la fois si vaste et si pure
qui complète ma vie si impure.

Ségolène Dupont

 

 

La nature

 

Découvrir le bourgeon qui naît

Et y trouver la paix.

Au détour d'un chemin plein d'écueils

Etre enivré par le parfum du chèvrefeuille.

Le lapereau court dans le bois

Et éveille en nous tellement de joie.

L'arbre centenaire majestueux

Abrite indifférent riches et gueux.

La nature est un parfait présent

Qui anime en nous le goût du temps.

 

Chantal Sergéra

 

 

Crépuscule

 

Le soleil, tout pareil à une grosse orange
S’abîme lentement dans le gris de l’étang.
De sauvages couleurs et des lueurs étranges
Envahissent le ciel dans le jour finissant.

 

C’est l’heure où le grand cerf et la biche vont boire
Alors que la forêt peu à peu s’assombrit.
L’heure où le vagabond, seul en son purgatoire, 
Accélère le pas pour trouver un abri.

 

Dans la maison douillette, persiennes fermées,
On dresse le couvert, on tire les rideaux.
La grande flaque d’or de la lampe allumée
Peint le visage heureux, penché sur un berceau.

 

Du jardin assoupi on a fermé les grilles.
Vont s’endormir la rose et le petit souci.
Les oiseaux attristés, blottis sous la charmille
Voient venir à regret les ombres de la nuit.

 

La brume, peu à peu, gomme le paysage.
Au firmament, là-bas, une étoile se pend.
Le soleil est enfin au terme du voyage,
Il vient de se noyer dans le gris de l’étang.

 

Renée Jeanne Mignard

 

 

Automnale

 

L’été s’en est allé aux dernières vendanges.
Chaque soir le soleil se meurt un peu plus tôt.
Le bleu du ciel pâlit. Le merle et la mésange
Ont déjà déserté la fontaine aux oiseaux.

 

Le grand chêne attristé laisse pleurer ses feuilles
Que le vent plus hardi conduit à leur trépas.
Elles ont recouvert le sol qui les recueille
D’un tapis mordoré qui craque sous les pas.

 

L’abeille ne boit plus au calice des roses.
Le papillon de mai ne s’éveillera pas.
Le jardin fatigué paresse, se repose, 
Avant que d’affronter décembre et ses frimas.

 

L’hirondelle a rejoint des aurores lointaines.
La fumée, sur le toit, danse au rythme du vent.
Quand la brume du soir emprisonne la plaine,
Le vol des souvenirs s’alanguit doucement.

 

Renée Jeanne Mignard

 

 

Rose de Novembre

 

Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
Quand elle sait déjà que ses jours sont comptés,
Et que près de sa fin, généreuse, elle donne
Encor plus de parfum qu'aux beaux jours de l'été.

 

Dans le brouillard léger d'une aube de novembre
Alors que les oiseaux ne savent plus chanter,
Elle va défroisser sa robe d'or et d'ambre
Pour s'offrir aux regards dans toute sa beauté.

 

Mais un souffle de vent la blesse, la défeuille.
Sitôt qu'il a séché ses larmes de rosée,
Elle cache ses joues dans son écrin de feuilles
Pour vivre encor un peu, encor une journée.

 

Ô toi qui ne sais pas combien est éphémère
La rose qui s'endort et va vers son trépas,
Si tu passes près d'elle au jardin de ta mère,
Je t'en supplie, enfant, non, ne la cueille pas.

 

Laisse la retenir la vie qui l'abandonne,
Suivre des vols d'oiseaux glissant dans le ciel clair.
Il n'est plus belle fleur qu'une rose d'automne,
Qui se meurt doucement, aux premiers jours d'hiver.

 

Renée Jeanne Mignard

 

 

Le Merle et la Colombe

 

Un merle était amoureux fou
D'une colombe au chant si doux,
Que sitôt qu'elle roucoulait,
Son coeur vers elle s'envolait.
Il était timide, et jamais,
Il n'avait depuis qu' il l'aimait,
Osé lui faire un brin de cour,
Et lui avouer son amour.

 

Un jour pourtant, il s'enhardit,
Vola vers la colombe et dit :
-"Vois mon ardeur, vois mon émoi,
Voici mon coeur, veux-tu de moi?"

 

La belle, le prenant de haut,
Lui répondit :-"Vilain moineau ,
Avant que trop tu ne t'épanches,
Ne vois-tu pas que je suis blanche,
Et que ton plumage est tout noir?
Désolée de te décevoir,
Mais tu n'as pas la moindre chance.
Nous avons trop de différences"- .

 

Un peu surpris par cet éclat,
Le merle pourtant s'entêta,
Et sut si bien vanter ses charmes
Que colombe rendit les armes
Et ne jura plus que par lui.

 

Ils ont eu quatre enfants depuis.
Deux roucoulants, deux sifflotants,
Et ils s'aiment toujours autant.
Quand l'amour chante sa romance,
Ne parlez pas de différences.

 

Renée Jeanne Mignard

 

 

Mauvaises herbes

Pourquoi laisser en ton jardin
Ortie, mauve, ronce et plantain ?

Le vent te souffle la réponse,
(Mauve, plantain, ortie et ronce !)

"Les chenilles ont pour amies,
Plantain, ronce, mauve et ortie !"

Si tu m'écoutes et que tu sauves
Ronce, plantain, ortie et mauve,

Ces humbles plantes te feront,
un grand bouquet de Papillons !

Jacques Laborel

 

Les Goélands

Salut, charognards boulimiques
Bruyants, méchants, pourtant si beaux!
Grouillant aux décharges publiques
Avec les rats et les corbeaux,

Vous envahissez sans vergogne
Les bords de mer et les cours d'eaux,
Pillant ordures et charognes,
Et les nids des petits oiseaux !

Mais, quand vous survolez la plaine,
Suivant au dessus des grands pins
L'air chaud que le Mistral entraîne,
Comme votre vol est serein !

Et quand, au printemps, vous plongez
Sur vos nids fleuris d'Asphodèle,
Pourchassant l'intrus apeuré,
Chers Goélands, comme elle est belle
La chanson de l'air sur vos ailes !


Jacques Laborel



Le Hérisson

Tu trottes dans le noir, croquant avec délices
sauterelle ou limace au hasard de tes pas.
Et l'on t'entend parfois, dans la nuit, qui te glisses
au travers d'un buisson ou de feuilles en tas.

Toi qui grognes de joie devant un bel insecte
et te roules en oursin aux mains du jardinier,
faisant hurler le chien, je t'aime et te respecte,
vieux routier de la nuit, brigand du potager !


Jacques Laborel


L'Écureuil

Course verticale
au tronc le plus droit !
Flèche diagonale
dans un coin de ciel !

Silhouette rousse
au bout d'un rameau...
pleuvent les écales
des pommes de pin !


Jacques Laborel



Le petit renard

Il est vif comme une belette
et joyeux comme un écureuil
son œil est une flamme verte.
et sa queue frétille d'orgueil.

Il vient chez nous chaque soirée
jouer un peu avec nos chats
acceptant raisin ou pâtée
(et, parfois, de lécher nos doigts !)

Comme son collier le proclame
c’est un renard apprivoisé.
Sans doute un jardin le réclame
quand il a fini sa tournée.

Joli petit renard des villes,
de rester furtif prends bien soin,
car le monde est plein d’imbéciles
et les chasseurs ne sont pas loin !

Jacques Laborel

 

Bourgeons de Figuier

Que les bourgeons sont beaux en ce jour de printemps :
le crayon bien taillé de l'Iris violet
et le bouton rosé des fleurs d'abricotier
et le vernis laqué du bourgeon de lilas
et le rucher doré de la jeune étamine
du Pin d'Alep mûrissant son pollen !

Et pourtant, j'en suis sur, cette splendeur s'efface,
devant le simple bourgeon foliaire
qui s'ouvre peu à peu aux rameaux du Figuier.

C'est d'abord un bouton conique, irrégulier
d'un bronze patiné, au bout lavé de jaune
et sur certains l'on voit un dessin esquissé,
comme une main d'enfant crispée dans le sommeil.

La tige est nue encore et rappelle l'hiver
mais le bourgeon se gonfle en un croc turgescent
qui s'ouvre, et voilà que, penché sur le coté,
main qui abriterait une flamme du vent,
nervures travaillées à l'outil de diamant,
prend toute sa splendeur le limbe opalescent !

Parmi toutes les fleurs du jardin de printemps
est il rien qui surpasse en étrange beauté
l'éclat vert du soleil qui traverse le jade
des jeunes feuilles de Figuier ?

Jacques Laborel

 

 

Été sous le figuier

Jus sucré des figues,
eau fraîche du pot,
ombre bleue des feuilles grises,
herbe sous mon dos...

Brins d'avoine folle
dansant sur le ciel,
cris des enfants de l'école
jouant au soleil...

Chatte qui sommeille
au creux du buisson,
mouche qui vibre, immobile
au fil d'un rayon...

Cigale qui chante
sur le tronc du pin,
viens te poser, sauterelle,
au dos de ma main !

Jacques Laborel

 

 

Figues d'automne

Quel désir de remercier l'arbre
quand je lève la main vers cette figue noire
à la robe ridée et fendillée de blanc,
qui fléchît, consentante, et se penche en avant,
alambic de soleil et de sève estivale.

Le ciel est bleu, très loin au dessus des nuages.
Tissu mêlé de gris et de vert jaunissant
les arbres fatigués inclinent leur feuillage,
les pétioles prêts à se rompre dégageant
de très petits bourgeons, espoir d'un nouvel âge.

Et quand, dans une ultime et gourmande bouchée
craque la peau gonflée au parfum éclatant,
je sens que cette figue, à l'automne arrachée,
me promet un nouveau printemps...

Jacques Laborel

 

 

Sur l’épaule du Figuier

As tu déjà passé ton bras sur l’enfourchure
d’un Figuier, comme sur l’épaule d’un ami ?
Le ciel était trop gris ou la route trop dure
et ton corps était lourd et ton cœur endormi..

Tu lui laisses ton poids et le sang de sa sève
traverse écorce et peau, et tu sens à ton tour
que son flot te pénètre et vient nourrir ton rêve
d’un influx végétal d’énergie et d’amour.

Laisse moi reposer, ami aux larges feuilles
sur tes branches nerveuses au bois mat et charnu,
donne moi ta tendresse et permets que je cueille
tes fruits d’or et de miel et de bonheur perdu.

Jacques Laborel

 

Restanques


Vieilles restanques où le temps passe
sur le souvenir des saisons,
où le cri du Mistral remplace
les voix et les chants des moissons !


Tant de fois le feu et la glace
ont passé sur vos oliviers !
Le viorne et le lentisque enlacent
vos souches mortes d' amandier !

 

Le soc ne perce plus vos terres,
plus de sueur pour chaque grain,
maintenant, où passait l'araire,
poussent le ciste et le plantain.

 

Mais au printemps, joyeux mystère,
voilà, sans bêche ni sillon,
que fleurissent et couvrent la terre
l'orchidée et le papillon !


Amitiés Dago (alias Jacques Laborel)
Association jardin de l'espérance la ciotat

 

 

Après nous.., l'an x000?

Le ciel sera très bleu, très pur, et la forêt
verdira à nouveau les collines, les plaines.
Des insectes nouveaux viendront y butiner
sur de nouvelles fleurs, pour de nouvelles graines...
Mais nos tableaux ? ...Van Gogh déchirés et pourris ?

La mer viendra chanter un ressac éternel
dans nos ports, submergeant ses rivages antiques.
et des coraux nouveaux, montant vers le soleil,
bâtiront des récifs puissants et magnifiques...
Mais nos sculptures ? ... Angkor dévoré par le sel...?

Des sons nouveaux résonneront sous les ramures
et des oiseaux nouveaux viendront pour remplacer 
les chants volés par nous aux choeurs de la Nature,
et personne, jamais, ne viendra les troubler...
Mais nos musiques ? ... le vent chantera t il Mozart ?

Les lettres, les signaux que nous aurons laissés
se diluer en vain dans le temps immobile,
faute d'un seul cerveau pour les interpréter
disparaîtront, usés, symboles inutiles...
Mais nos Maîtres? Lao Tseu ?, Bouddha ?, Jésus ?, Mohammed ?

La Terre poursuivra son chemin, libérée.
Mais plus aucun VILLON, jamais, ne pourra dire :
"Frères humains, qui après nous vivez !"...

 

Jacques Laborel

 

Rivages

Laisse monter le souvenir
d'une falaise ou d'une plage,
laisse doucement t'envahir
la chanson verte d'un rivage !

Peu importe le continent,
l'océan, le jour ou l'année,
il suffit d'écouter le chant
d'une sensation retrouvée !

Laisse ton corps sur le rivage :
que ton rêve nage au tombant,
sirénien candide et sans âge !

Et, qu'importent flot ou jusant,
sois le libre poisson qui nage
dans les eaux violettes du Temps. !

 

Jacques Laborel

 

 

Rhodania

Je crois avoir senti très tôt que le calcaire
montait des océans
et que le lourd granit, arrondi et sévère
marquait les continents !

Que de fois j'ai rêvé à la plage abolie
avec au premier plan la vague de Crussol
préludant, par delà les calmes bleus du Rhône,
aux grandes déferlantes du Vercors !

Et plus tard, Océan, je cherchais ton empreinte
au moule tendre et rond des belles Ammonites
brisées, dans les calcaires gris de Soyons
et je rêvais, chétif, à ta puissante étreinte.

Je voyais le baiser de la mer à la terre,
les vagues se brisant sur le sable brillant,
et le sillage des géants du Secondaire 
ondulait, sous mes yeux, dans le soleil levant !

Et chaque nuit, au creux de ma chambre terrienne,
je voyais l'Océan, lentement, submerger,
gigantesque marée, la plaine rhodanienne,
comme en un très lointain passé !

 

Jacques Laborel

 

 

Mémoire des pierres

Mon jardin est un tas de caillasse calcaire,
les restes du labeur ancien des ouvriers
qui tirèrent, il y a longtemps, de la carrière,
de beaux blocs réguliers.

Au creux du cailloutis, sous la croûte des mousses,
chasse la scolopendre et rêve l' escargot.
De beaux lichens rameux, et des fougères rousses
y cherchent un peu d'eau.

La roche est dure et grise et, quand on l'examine,
on y voit des coraux érodés et brisés
car elle se forma aux pentes sous - marines
d'un récif crétacé.

Et j'aime ce jardin comme un vieux camarade,
est ce ma faute à moi si ce lopin désert,
quand hurle le Mistral ou gémit la Largade
rêve encore à la mer ?

 

Jacques Laborel

 

 

 

 

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